Résident fiscal français : comment est imposé un bien immobilier à Dubaï ?
2026-10-16 · 8 min de lecture · Par Ahmed Benjas, CEO Cevitas
Vous êtes résident fiscal en France et vous investissez à Dubaï ? Les Émirats ne taxent ni vos loyers ni votre plus-value. Mais l'administration fiscale française reste concernée. Voici les grands principes, à faire valider par votre conseiller fiscal selon votre situation.
La convention fiscale entre la France et les Émirats
La France et les Émirats arabes unis ont signé une convention fiscale en 1989. Pour les revenus tirés d'un bien immobilier, elle prévoit que l'imposition revient à l'État où se trouve le bien, ici les Émirats. Comme les Émirats ne taxent pas ces revenus, la France n'impose pas une seconde fois : elle accorde en pratique un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant.
Ce qu'il faut déclarer en France
- Les loyers : à déclarer chaque année, avec le formulaire des revenus de source étrangère. Ils ne génèrent pas d'impôt supplémentaire grâce au crédit d'impôt, mais ils sont pris en compte pour calculer le taux applicable à vos autres revenus (règle du taux effectif).
- Les comptes bancaires ouverts aux Émirats : à déclarer chaque année, même s'ils ne servent qu'à encaisser les loyers.
- La plus-value de revente : la convention réserve l'imposition à l'État du bien. Un point à vérifier avec votre conseiller au moment de la vente.
Les prélèvements sociaux
La question de l'application des prélèvements sociaux aux revenus étrangers couverts par une convention est technique et a fait l'objet d'évolutions. C'est un point précis à faire examiner par un fiscaliste avant d'acheter.
L'impôt sur la fortune immobilière (IFI)
Si votre patrimoine immobilier net dépasse le seuil d'assujettissement, vos biens situés à Dubaï entrent dans l'assiette de l'IFI, comme vos biens en France.
Et si je deviens résident aux Émirats ?
Obtenir un visa de résidence ou le Golden Visa ne suffit pas à changer de résidence fiscale. La résidence fiscale française dépend de votre foyer, de votre lieu de séjour principal, de votre activité professionnelle et du centre de vos intérêts économiques. Un départ réel se prépare, avec les démarches de sortie et l'éventuelle « exit tax » pour certains patrimoines financiers.
Acheter en nom propre ou via une société ?
La plupart des particuliers achètent en nom propre, ce qui est le plus simple. Acheter via une société émirienne ou française change la fiscalité, notamment avec l'impôt sur les sociétés de 9 % aux Émirats au-delà de 375 000 AED de bénéfice. À étudier au cas par cas.
Cet article présente des principes généraux et ne constitue pas un conseil fiscal. Faites valider votre situation par un professionnel.
Questions fréquentes
Un Français paie-t-il des impôts sur ses loyers de Dubaï ?
En principe non, grâce à la convention franco-émirienne et au crédit d'impôt, mais les loyers doivent être déclarés et peuvent augmenter le taux d'imposition de vos autres revenus.
Faut-il déclarer son compte bancaire à Dubaï ?
Oui, les comptes ouverts à l'étranger doivent être déclarés chaque année à l'administration fiscale française.
Un bien à Dubaï entre-t-il dans l'IFI ?
Oui, si vous êtes assujetti à l'IFI, vos biens immobiliers à l'étranger sont inclus dans l'assiette.
